4 % de frais sur versements, c’est trop vu les performances des placements ?

Oui ! Surtout qu’à long terme, la performance attendue des placements se limite à 5 % par an.

 

Mon conseiller en gestion de patrimoine à l’Union Financière de France m’a fait ouvrir début 2018 une assurance vie et un plan d’épargne en actions (PEA). Mes prélèvements mensuels subissent 4% de frais. Pour faire ne serait-ce que +3 % par an, il faut donc que je fasse réellement du +7% en prenant en compte les frais. Est-ce possible, selon vous, surtout après cette dure année 2018 ? Ou sont-ce des mauvais placements à cause de ces frais trop exorbitants à votre goût ?

 

 

L’UFF est connue pour encourager les versements réguliers et les marchés boursiers. Deux pratiques cohérentes avec des idées défendues par Marchés Gagnants. L’UFF est aussi réputée pour avoir la main lourde sur les frais…

Mathématiquement, quelle performance réaliser pour obtenir 3 % nets par an, avec des frais de 4 % sur les versements ? Sur la base d’un versement unique, le calcul est relativement simple. Il dépend naturellement de la durée de placement. Sur un an, le gain net doit être de 7,29 %. Soit un peu plus que les 7 % évoqués dans votre question. Pour mémoire, quand un marché a baissé de 50 %, il lui faut croitre de 100 %, c’est-à dire doubler, pour retrouver son niveau d’origine ! Sur trois ans, le taux attendu s’établit à 4,41 %. Plus le temps est long, plus la performance attendue va se rapprocher du seuil des 3 %.

Les calculs financiers plus complexes sur les versements réguliers

Sur la base d’un versement régulier, le calcul est plus complexe. A vue d’œil, la tentation est grande de faire le calcul suivant : si je verse 100 par an, pendant dix ans, j’aurai versé 1000. Avec un rendement de 3 % par an, le capital final s’établira à 1 344 euros. Erreur, le premier versement a bel et bien été placé dix ans, mais pas le dernier… En pratique, le bon résultat est bien plus faible : 1 148 euros. Et le taux requis pour atteindre le rendement visé un brin plus élevé. La faute aux derniers versements sur lesquels l’effet d’amortissement des frais joue peu. Sur trois ans, par exemple, il faut avoir du 5,09 % nets par an, pour toucher un vrai 3 % après prise en compte des frais.

Maintenant, quelles performances attendre des placements ? sur 2018, il est sage de partir sur 1,5 % sur le fonds en euros de l’assurance vie, même si la moyenne devrait se révéler plus élevée. Sur les actions, nous renonçons à faire des anticipations à court terme, tant l’évolution des cours est décorrélée des fondamentaux. A plus long terme, nous attendons une performance moyenne de 5 % par an. Et que 2018 fut une année dure est une bonne nouvelle… pour des raisons mathématiques : l’effet de base est favorable. Conclusion : 4 % de frais d’entrée sur un PEA ou une assurance vie, aujourd’hui, c’est beaucoup trop. La moitié semble acceptable.  

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *