Bitcoin : bon ou mauvais plan ?

Le bitcoin est de plus en plus accessible. A l’évidence, le ministre Le Maire préfère Nabilla aux régulateurs. Chez Marchés Gagnants, nous sommes plus mesurés.  

 

1er janvier 2019 : le bitcoin doit faire son entrée dans près de 3 000 bureaux de tabac. De quoi aiguiser la tentation d’amateurs d’argent facile à la mémoire sélective. Le bitcoin a en effet fait la une des médias, il y a un peu plus d’un an. Il vole alors de recours en records, franchissant la barre symbolique des 20 000 dollars. Début janvier 2018, Nabilla, la star de téléréalité, en fait même la promotion avant de se faire taper sur les doigts par l’Autorité des marchés financiers.

 

Depuis, cet instrument a connu une descente en enfer, perdant plus de 70 % de sa valeur. En 2018, le bitcoin a bien plus baissé que les marchés financiers, mais chut, les médias traditionnels n’en parlent pas… Etonnante dissymétrie de l’information, la hausse du bitcoin fait la une des journaux, pas sa baisse. Exactement l’inverse que ce les média pratiquent pour les actions !

 

Depuis le 1er janvier, il est donc possible d’acheter des bitcoins dans certains bureaux de tabac. Ici, ou ailleurs, sur des plateformes en ligne par exemple, la question se pose : bon plan ou pas ?

 

Mauvais plan pour les régulateurs

L’annonce de l’offre « bureaux de tabac » fin novembre dernier a donné lieu à une levée de bouclier de la part des régulateurs. Le 21, la Banque de France précise qu’une « aucune convention n’a été signée afin de permettre la vente de bitcoin dans les bureaux de tabac. Aucun accord n’est par ailleurs discuté ni envisagé sur le sujet. ». Ça tombe bien, il n’est visiblement pas nécessaire… Quelques jours plus tard, l’artillerie lourde est sortie. Un communiqué commun est publié, signé par la Banque de France, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), le gendarme de la Bourse et l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), le gendarme de la banque et de l’assurance. L’occasion de rappeler « les risques associés à un investissement sur ces actifs spéculatifs, peu adaptés aux profils d’investisseurs particuliers non avertis. L’AMF, la Banque de France et l’ACPR rappellent que l’achat/vente et l’investissement en Bitcoins s’effectuent à ce jour en dehors de tout marché réglementé. ». Et de poursuivre : « Le Bitcoin est l’un des actifs, parfois qualifiés à tort de « monnaies » virtuelles ou « crypto-monnaies », qui existent actuellement dans le monde. ».

Réponse des régulateurs à la question : mauvais plan.

 

Bruno Le Maire presque tenté ?

 

Et quel est donc l’avis du ministre des Finances, Bruno le Maire. En mars dernier 2018, dans une tribune à Numerama, il déclare : « Une révolution est en cours, dont le bitcoin n’était que le précurseur ». En novembre, il faut passer un amendement pour préciser le cadre fiscal. Alors que le Conseil d’Etat avait imposé une fiscalité des gains à 36,2 %, le ministre décide de mettre quatre faveurs dans la pochette cadeaux. Un, les gains réalisés lors d’un passage d’une crypto à un autre, par exemple du bitcoin à l’ethereum, ne sera pas taxé. Deux, les gains réalisés lors du débouclage de la position crypto seront obligatoirement soumis à une taxation de seulement 12,8 %, plus 17,2 % de prélèvements sociaux (30 % au total) ! Trois, la déclaration fiscale ne sera plus mensuelle, mais annuelle. Quatre, les cessions de moins de 305 euros par an ne subiront pas l’impôt. « Nous avons fait le choix de rendre le cadre fiscal attractif », dixit le ministre, « une fois encore pour que Paris, pour que la France soient leaders en matière des nouvelles technologies financières. »

 

A l’évidence, pour Bruno Le Maire, le bitcoin, c’est pas si mal. Regrette-il Nabilla ?

 

Bel exemple, en tout cas, d’incohérence du discours public en matière d’épargne.

 

Le conseil de Marchés Gagnants :

On n’investit pas dans un placement que l’on ne comprend pas. Fort de ce principe, nous refusons aujourd’hui de mettre un centime dans les cryptos. Pour autant, nous continuons notre suivi pour voir leur éventuel intérêt. En particulier en cas de crise grave sur les banques centrales. Notre avis n’est donc pas définitif, mais pour l’instant, c’est « pas touche » !

 

 

 

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