03/07/2023

Ordre de vente de nos 88 Crédit Agricole à 11,198 €

Le secteur de la finance quitte notre portefeuille boursier pour des raisons de risque et de diversification. Témoignage d’une méthodologie d’investissement plus patrimoniale que boursière.  

Des onze secteurs économiques de notre panel Marchés Gagnants, la finance est le second à être exclu pour des raisons méthodologiques.

Fin 2021, l’immobilier avait été mis de côté. Deux raisons justifiaient ce choix. La logique de diversification pour commencer. La préconisation de Marchés Gagnants d’investir en actions ne s’appuie pas par les arguments traditionnellement avancés par les courtiers et régulateurs. Les actions, placements plus rentables à long terme ? Nous aimerions bien, même si nos statistiques démontrent assurément que tel n’a pas toujours été le cas. Sans compter que nous ne savons pas vraiment ce que veut dire le long terme….

Hors Bourse, les Français ont déjà beaucoup d’immobilier

En revanche, nous croyons à la diversification, convaincus que prévoir l’avenir est un exercice illusoire.  Or, en dépit de discours, les Français ont un patrimoine imminemment concentré sur l’immobilier et les placements de taux, notamment le fonds en euros de l’assurance vie. Et les actions sont rares. D’où la nécessité de les favoriser pour être mieux diversifié. Avec cette logique, mieux vaut éviter de replonger dans l’immobilier avec son portefeuille boursier, même s’il s’agit en général d’immobilier d’entreprise… La seconde motivation était d’ordre fiscal. Nous avons alors affirmé notre prédilection pour le plan d’épargne en actions (PEA). Or, doté pour la plupart du statut de SIIC, sociétés d’investissement immobilier coté, ces valeurs ne sont pas éligibles au PEA.

Hors Bourse, les Français courent un risque réel sur les banques et les assurances

L’argument pour sortir aujourd’hui le secteur de la finance de notre univers d’investissement n’est, en rien, fiscal. Mais seulement dépendant d’une gestion du risque. Petits conseils pratiques avant crise bancaire, expliquait Jean-François Filliatre sur l’antenne de BFM Business fin mars 2023. Reprenons rapidement son argumentation. Parce que nous en avons besoin, nous avons tous un compte bancaire. Nous sommes donc tous en risque vis-à-vis de notre établissement financier. Il faudrait avoir une banque pour ses dépôts et d’autres établissements pour ses placements pour tenter de limiter de risque. Telle n’est malheureusement pas la logique du système français, qui pousse au contraire à la concentration, le modèle économique des banques hexagonales étant notamment de vendre du crédit peu cher (à perte ?) et de se refaire sur le reste…

En 2008, lors de la crise financière, il était de bon ton de dire que les banques françaises avaient traversé la crise sans difficulté. En réalité, pour faire face à des besoins de liquidités, elles s’étaient massivement refinancées sur les fonds en euros de leurs filiales d’assurance-vie. Par chance, elles n’étaient pas tombées mais en réalité, le risque était à son paroxysme.

A l’heure où les risques bancaires s’accroissent, avec la remontée des taux des banques centrales, les tensions sur l’immobilier, notamment d’entreprise, et l’éventualité d’une récession, et où les banques font feu de tout bois pour capter l’épargne soit sur des dépôts à terme, soit sur des obligations émises au profit de leur réseau, il nous parait opportun de dénoncer cette concentration des risques pris par les particuliers sur le secteur financier. L’approche est fondamentale, et en rien conjoncturelle. Elle est aussi totalement patrimoniale, car exclure deux secteurs sur onze laisserait plutôt penser à une moindre diversification…

Peu d’intérêt hormis le rendement

Nous avons donc solder notre ligne de 88 actions Crédit Agricole. Comme le plus souvent, nous utiliserons notre ordre bonnes affaires avec un prix de cession réclamé de 3 % de plus du cours de clôture du 30 juin 2023. Soit 11,198 €. A noter, cette valeur respecte les pas de cotation du groupe bancaire, car vu son cours et sa liquidité quotidienne, l’action peut coter par pas de 0,002 euro.

Le bilan de la valeur dans notre portefeuille sera des plus mitigés. Pour ne pas dire décevant. En deux ans et demi, son cours aura vu sa valeur progresser de 5,32 %, de 10,32 € fin 2020 à 10,872 € fin juin 2023. Et sa principale contribution aura été les dividendes : 0,8 € en 2021, 1,05 € en 2022 et 1,05 € en 2023, détachés le 30 mai dernier. Comme souvent, les valeurs de rendement peinent à briller boursièrement parlant. A méditer : les forts dividendes seraient-ils, comme les avantages fiscaux, un moyen d’attirer le chaland sur des titres ou des secteurs qui, sans cette carotte, n’intéressaient personne ?

Le conseil de Marchés Gagnants

Ordre de vente de 88 Crédit Agricole au cours limité de 11,198 €

Validité : année.

Marché: Euronext Paris.

Code Isin Crédit Agricole : FR0000045072.

Mnemo : ACA

 

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