CAC 40 : au plus haut ou simple retour dix ans en arrière ?

Le même jour, deux informations à priori totalement contradictoires, pouvaient être mise en avant.  Quitte à parler chiffres, autant savoir ce qui se cache derrière… En pratique, le CAC 40 est-il resté stable sur dix ans ou a-t-il gagné 50 % ?

Jeudi 18 mai 2018. Dans sa chronique quotidienne sur BFM TV, l’éditorialiste Nicolas Doze lance une info : « Le CAC 40 a enfin effacé la crise de 2008 ». L’année 2008 marquée notamment par son triste mois de septembre. Le 15, la banque américaine Lehmann Brothers est déclarée en faillite. De quoi casser la confiance entre établissements financiers.

 

–          « Es-tu aussi sûr, comme confrère, que ce que tu ne prétends ?

–          N’ai-je un risque élevé si je te prête de l’argent sur le marché entre banques ? »

A compter de cette date, l’argent cesse de circuler dans la tuyauterie économique. Avec des conséquences majeures sur le système financier, mais aussi sur l’économie réelle.

Dix ans pour rien ?

Jeudi 18 mai 2018, l’indice CAC 40 a retrouvé son niveau de fin 2007 (5614,06 le 31 décembre). S’il reste encore à quelques encablures des 6 125 touchés en mai 2007, veille de la crise de subprimes, ces prêts hypothécaires accordés à des ménages peu solvables aux Etats-Unis, le CAC 40 a bel et bel « effacé la crise de 2008 ». Même si le graphique de son évolution en témoigne, il reste loin de son plus haut historique touché en septembre 2000.

Pour le commun des mortels, cette information sera être interprétée de deux façons selon le profil des individus. Les uns, optimistes, pourront chantonner « la crise est finie ». Les autres, plus réservés, constateront que pendant une décennie, la Bourse n’a rien fait. De quoi renforcer leur conviction que contrairement à tous les grands discours publics, la Bourse n’est pas le meilleur placement à long terme… Même le livret A a fait mieux que rien !

La vérité : le CAC au plus haut

Jeudi 18 mai 2018 : chez Marchés Gagnants, nous avons une information. Le CAC 40 GR, indice méconnu de la Bourse de Paris,  vient de battre son record historique. De quoi donner un bilan un peu plus flatteur de la performance des actions.

 

Notre information est aussi juste que celle de Nicolas Doze de BFM. Comment diable, à la même heure, le même jour, est-il possible de tenir des propos à priori aussi contradictoires ? La réponse est simple. Notre société médiatique se complait de chiffres, sans vraiment se préoccuper de ce qui se cache derrière. Du coup, les Français, peu éduqués en matière financière, choisissent leur interprétation en fonction de leur croyance…

50 % de performance passés sous le tapis

Composé peu ou prou des 40 principales valeurs de la Bourse de Paris, le CAC 40 mesure la variation des cours des titres concernés. Avec une telle méthodologie, la star des indices ne peut en aucun cas prétendre être un outil de mesure de la performance. Car la rémunération d’un actionnaire se décompose de deux éléments : la distribution annuelle d’un dividende d’un part, la variation des prix d’une part. Qui aurait l’idée de conseiller, à un investisseur immobilier, de ne pas prendre en compte les loyers perçus dans le calcul de sa rentabilité ?

Lancé en 1994, mais recalculé en base 1000 à fin 1987 pour être aligné sur la valeur d’origine du CAC 40,  le CAC 40 GR tient compte non seulement des variations de cours, mais également des dividendes réinvestis. Exactement, comme le veut la norme dans les mesures de performances sur les Sicav et fonds communs de placement.

 

Un dernier constat  : alors que le CAC 40 fait du surplace depuis la fin de 2007, le CAC 40 GR affiche une performance de près de 50 % sur la même période.  50 % d’erreur potentielle dans une analyse financière… une paille !

 

Les conseils de Marchés Gagnants :

–          Dire que les actions sont le meilleur placement à long terme n’est pas dans nos habitudes. Peu importe que cela soit vrai ou pas (au fait, long terme, c’est combien de temps ?), le discours est inaudible tant que le CAC 40 sera la référence du marché. Notre stratégie d’investissement repose plus sur une approche de risque annuelle.

–          Quitte à comparer les placements entre eux, autant le faire sur une base identique. A cet effet, il faut bannir l’indice du CAC 40, communiqué par les médias.

–          Avoir des actions en portefeuille, à côté d’autres actifs notamment peu risqués, donne l’espoir d’accroître sa performance. Soit par l’augmentation des cours, soit par la distribution de dividendes. A condition de dispose d’un peu de temps, notre prédilection va aux actions détenues en direct, de préférence sur un plan d’épargne en actions.

 

 

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