Pour maintenir votre pouvoir d’achat en 2019, votre épargne devait rapporter….

Ne pas perdre d’argent ! Ce leitmotiv fréquent de la part des épargnants peut être interprété de diverses façons. Explications.

Première approche basique : j’ai investi 100 et je veux pouvoir récupérer 100 demain. Facile à comprendre !  Si l’argument a une cohérence à court terme, il est trop basique à long terme. Voire trompeur… La faute à l’inflation ! Exemple avec les fonds ou contrat euro-croissance en assurance-vie. A la différence des supports en euros, où la « garantie » affichée est applicable à tout moment, l’euro-croissance affiche seulement une garantie au terme.

Pouvoir d’achat : votre oeil vous trompe plus que votre estomac !

Sur la base d’un prix de la baguette actuellement à 1 euro, vous pouvez vous acheter 100 baguettes avec vos économies. Qu’en sera-t-il dans dix ans si vous récupérez la même somme ? Si la baguette a vu son prix augmenter de 2 % par an, elle vaudra alors 1,17 euros. Régime sec : vous ne pourrez plus en acheter que 85,3 avec la même somme. Soit une perte de pouvoir d’achat de près de 15 %. Votre œil n’a pas vu la perte, votre estomac si ! Voilà au passage une raison de relativiser la notion même de garantie à terme.

 

Pour regarder si votre épargne vous fait véritablement gagner de l’argent, il faut prendre en compte l’inflation. Combien fallait-il donc gagner en 2019 pour maintenir son pouvoir d’achat ? Premier chiffre à regarder : la hausse des prix. Le chiffre de décembre est tombé mi-janvier. Sur un mois, les prix ont augmenté de 0,4 %, soit 1,5 % sur un an. Ce pourcentage correspond à l’évolution de l’indice entre décembre 2018 et décembre 2019.

Par convention, ce n’est pourtant pas sur cette référence que les comparaisons s’établissent. Vous avez eu 0,75 % en 2019 sur le Livret A que vous ayez investi en janvier, en mai, en août ou en octobre. Bref, il n’y aurait autant de calcul à faire que de mois ! Par convention, les experts analysent donc l’évolution du pouvoir d’achat par rapport à l’inflation moyenne. Soit 1,1 % en 2019, contre 1,8 % l’année précédente.

Perte de pouvoir d’achat sur le Livret A, pas sur le LEP

Traduction pratique : le détenteur d’un Livret A ou d’un LLDS, rémunéré à 0,75 % l’an dernier, a perdu 0,35 point de pouvoir d’achat. Preuve que le gel du taux du Livret A à 0,75 % annoncé par le Premier ministre en septembre 2017, a bien couté de l’argent aux épargnants en dépit de ses affirmations. Le détenteur d’un Livret d’Epargne Populaire, avec son taux de 1,25 %, maintient lui son pouvoir d’achat de peu.

Sur ces placements, le calcul pour évaluer le maintien ou pas du pouvoir d’achat est simple : ils ne sont soumis ni à l’impôt, ni aux prélèvements sociaux. Tel n’est pas le cas des fonds en euros des contrats d’assurance-vie. Que le souscripteur soit riche ou pauvre, il est ici toujours soumis à minima aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %. Pour arriver à maintenir son pouvoir d’achat, il faudra donc afficher un taux net affiché de 1,33 %. Une fois amputé des prélèvements sociaux, il passera à 1,1 %…

 

L’assurance vie à qui perd gagne en 2019

Etonnante situation de l’année 2019 : le rendement réel des fonds en euros va augmenter, en dépit de la forte baisse de la rémunération affichée. Merci l’inflation moins forte ! Reste qu’une remontée des prix en 2020, sous l’impact par exemple du pétrole, a toutes les chances de faire basculer les fonds en euros dans la catégorie des placements à rentabilité réelle négative.

 

Dernier chiffre à connaitre : si vous avez un placement soumis à la flat tax, ou prélèvement forfaitaire unique, le rendement nécessaire pour maintenir le pouvoir d’achat après impôt s’élève à 1,57 %. A vos relevés pour comparer…

 

 

 

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