Lettre aux investisseurs – avril 2020

Madame, Monsieur, chers investisseurs,

 

La répression financière mise en place après la crise de 2008 pénalise les épargnants. Comment ? En maintenant les taux d’intérêt à un niveau artificiellement bas pour alléger la charge de la dette, principalement pour les Etats. Cette stratégie a été menée avec un zèle extrême en Europe, sous l’influence notamment de Mario Draghi, l’ancien patron de la Banque Centrale Européenne (BCE). Les taux se sont même inscrits en territoire négatif. Par un simple phénomène de balancier, ce que les emprunteurs gagnent, les épargnants le perdent… Les rendements sont ainsi devenus faméliques avec le Livret A à désormais 0,5 %, le plan d’épargne logement à 1 %, le fonds en euros de l’assurance vie à 1,5 %.

 

On vous rince et on vous fait la leçon !

Au coup sur la tête de la répression financière, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances, a décidé de rajouter le mépris. C’était le 15 avril devant la commission des Finances de l’Assemblée Nationale, commentant les chiffres du Livret A : « ce n’est pas d’épargne dont nous avons besoin aujourd’hui, pour notre économie, mais d’investissement » ! Le thème de l’épargnant crétin est une constante dans la logorrhée politique. Et chaque réforme de l’épargne est l’occasion de rappeler votre soi-disant incurie.

 

Peut-être faudrait-il rappeler au Ministre, que la gestion de patrimoine s’établit en fonction de nos objectifs et contraintes personnelles. Le Ministre, lui, s’intéresse seulement au financement de l’économie, et ne lui en déplaise, de l’Etat ! Selon les époques, les deux approches coïncident ou s’opposent. Ce n’est pas pour autant que les épargnants sont nuls…

Ce que finance – ou pas – votre épargne

Ne soyons pas obtus ! Le financement de l’économie réelle est devenu un argument marketing. Et il est sain de regarder à quoi sert notre épargne. En vrai. Pas dans des discours théoriques. Le Ministre devrait être intéressé par le propos, lui dont le patrimoine se compose exclusivement d’immobilier et de produits bancaires. Bruno Le Maire, l’homme qui nous explique comment bien investir n’a ni action, ni assurance vie… Cherchons donc à distinguer la bonne épargne, qui finance, et la mauvaise qui… (spécule / apporte de la liquidité / ne sert à rien – NDLR : gardez les mentions de votre choix !).

 

Aujourd’hui, les Français plébiscitent l’épargne « non placée ». En 2020, plus de 40 milliards sont ainsi venus garnir les comptes courants. Pour paraphraser l’ancien président de la République, François Mitterrand, il y a une sorte de consensus pour critiquer cet « argent qui dort ». Curieuse façon de faire de la pédagogie ! Le métier premier d’un banquier est de faire de la transformation. « Fonction des banques commerciales qui consiste à convertir son passif court terme en actif d’une durée moyenne beaucoup plus longue. » nous explique lafinancepourtous, le site de référence pour l’éducation financière.

Les banques prêtent… aux particuliers plus qu’aux entreprises !

En pratique, le banquier a vocation à transformer l’argent des dépôts, disponible à court terme, en crédits accordés à moyen/long terme. Or, le crédit n’est-il pas un moyen de financement pour les entreprises ? Plutôt que de vous accuser de ne pas financer l’économie avec vos dépôts à vue, mieux vaut s’interroger pour savoir si les banquiers font ou pas leur travail. Voici quelques chiffres. D’abord, le ratio dépôts / crédits s’établissait fin 2018 à 116,6 % selon l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution, le régulateur de la banque et de l’assurance. Tout l’argent déposé n’est donc pas prêté ! Autre donnée, cette fois de la Banque de France : environ 60 % des encours de crédits sont accordés aux particuliers, contre seulement 40 % aux entreprises. Et si l’on regarde le podium, les prêts immobiliers aux ménages pèsent 50 % de plus que le crédit d’investissement accordés aux sociétés non financières (12000 contre 800 milliards) ! Pour résumer, les banquiers financent votre acquisition immobilière de préférence à l’investissement des entreprises.  

Bourse : le douloureux aveu du président de l’AMF lors de ses voeux

La Bourse, elle, a pour nos gouvernants une image bien meilleure. Orienter les Français sur les marchés est l’occasion d’améliorer le financement de l’économie. Le discours a été martelé notamment à l’occasion de la loi Pacte, et de la mise en place du nouveau plan d’épargne retraite. En dépit de nos préconisations visant à accroître la part des actions dans les patrimoines, notamment pour des raisons de diversification, il faut le reconnaître : l’utilité de la Bourse doit être challengée. Déjà, rappelons un élément important. Une entreprise peut se financer en empruntant de l’argent ou en augmentant ses fonds propres. Normalement, l’emprunt se rembourse alors que le capital reste à disposition de l’entreprise. Une théorie là encore mise à mal par les faits, en particulier à cause du développement des politiques de rachat d’actions par les entreprises. Simplifions : qui dit emprunt, dit crédit, prêt ou obligation ; qui dit fonds propres, dit actions !

 

Lors de ses vœux à la Place, au début de l’année, Robert Ophèle, le Président de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) se félicitait de la performance de la Bourse depuis 2011. Avant de rajouter : « Cette progression remarquable ne doit cependant pas faire illusion, elle s’accompagne d’un désengagement là encore inédit vis-à-vis du financement par émission d’actions cotées. Pour la première fois depuis les 30 ans que couvrent les statistiques de la BCE, le flux net annuel d’actions cotées dans la zone euro aura ainsi été négatif. » La bourse ne finance plus rien. Les appels au marché, par augmentation de capital, comme ces dernières années avec Air Liquide ou EDF, sont de plus en plus rares, alors que les rachats de titres sont de plus en plus importants ! Même aux Etats-Unis, la cote boursière se dépeuple… Investir en Bourse, pour un particulier, contribue à apporter de la liquidité au marché, mais plus véritablement à financer directement l’économie.

Il n’y a pas plus long comme financement que… Le Livret A

Comme les dépôts à vue, le Livret A fait, lui aussi partie des produits dans le collimateur. Peut-être car il est le plus transparent dans l’affectation de l’épargne. Un peu plus d’un tiers des encours est laissé à disposition des banques. Il contribue donc à financer beaucoup de prêts immobiliers et un peu moins de crédits destinés à l’investissement pour les entreprises. Le solde, lui, est centralisé dans le fonds d’épargne, piloté par la Caisse des Dépôts. Fin 2018, 188 milliards correspondent à des prêts à très long terme, principalement accordés au logement social et à la politique de la ville, et 85 milliards placés sur les marchés financiers comme le font les assureurs. Si l’on regarde la durée des financements accordés, le fonds d’épargne affiche les meilleurs chiffres de la place. Le livret A finance sur de plus longues échéances que l’assurance vie !

Les assureurs n’ont pas plus d’actions que vous !  

Et nos amis assureurs, que font-ils de notre argent sur le fonds en euros ? En 2018, selon le site Good Value for Money, 80 % des encours était investi en obligations, 6 % en immobilier et 8 % en actions. 8 %, tel est peu ou prou le poids des actions dans le patrimoine financier des Français selon l’épargne des ménages de la Banque de France, si l’on prend seulement en compte les actions détenues en direct ou via des Sicav sur un compte titre ou un PEA… Avec les actions non cotées, comprenant notamment l’outil de travail des chefs d’entreprise de petites ou moyennes entreprises, le taux passe à plus de 25 %. A l’évidence, Monsieur le Ministre, les assureurs sont plus peureux que les particuliers.

 

En matière d’épargne et de financement, il faut tordre le coup à certaines idées reçues. Il est en revanche une certitude : pour ne pas se limiter à mettre de l’argent de côté, c’est-à dire épargner ou thésauriser, mais à investir, il faut un minimum de visibilité. Car il s’agit de se projeter. Or, en ces temps de confinement, où l’on vit au jour le jour, l’exercice est aussi compliqué que de relancer la consommation sur le non-alimentaire. N’en déplaise à Bercy, la collecte du Livret A va s’accroître, tout comme les dépôts à vue.

La stratégie aujourd’hui ? Attendre et voir. Demain, peut-être faudra-il changer d’approche quand un futur économique commencera à se dessiner. Chaque chose doit être faite en son temps : le temps du patrimoine est assurément plus long que celui de la communication des politiques.

 

Comme à l’accoutumée, vos remarques sont les bienvenues..

 

Bien fidèlement,

 

Jean-François Filliatre

(rédigé le 22 avril 2020)

 

 

 

23 réflexions au sujet de « Lettre aux investisseurs – avril 2020 »

  1. Quelques remarques:
    1) les assureurs sont peu investis en action à cause de la réglementation.
    2) les sociétés rachètent leur titre par endettement car l’écart de rentabilité est très important en faveur des actions.

    Donc vos deux arguments sont fallacieux …

    1. Fallacieux, comme vous y allez !
      1) Nous ne partageons pas votre lecture sur le premier point, même si les règles de solvabilité 2 sont en effet contraignantes sur l’investissement en actions. Le problème des assureurs, ce sont les objectifs de retour sur investissement, et de rentabilités des fonds propres, qu’ils se donnent. Pour information, un établissement comme Monceau avait en 2018, 20 % d’actions, 10 % d’immobilier et 12 % de convertibles dans son actif général. Mettre des actions et du risque est donc tout à fait possible d’un point de vu réglementaire. L’arbitrage entre intérêt du client et rentabilité a été fait pas la Place (les assureurs reconnaissent qu’ils regardent en priorité le coût en fonds propres lors de leurs investissements), car ce placement est en situation de quasi monopole d’un point de vue notamment de la fiscalité successorale par rapport à ses concurrents.
      2) Votre argument est pertinent. Nous y ajoutons l’absence de projet de nombre d’entreprises matures, face aux cash générés. Notons ainsi que le critère du chiffres d’affaires est bien peu étudié comparé au bénéfice par actions. Et qu’une politique de rachat de titres permet de remonter ce dernier, sans pour autant générer de la véritable croissance. Mathématiquement, une telle stratégie, répliquée à l’extrême, mène plus vers le néant que vers l’infini.

  2. Bien pour cet article. Il faut que les autorités arrêtent de stigmatiser les actionnaires pour toucher leur dividendes. Si on veut relancer l’investissement une fois la crise passée, il faut arrêter de tirer sur les actionnaires

  3. Vous avez raison de souligner la bêtise dun ministre qui fustige l’épargne.
    Mais cette critique s’inscrit dans une stratégie ambitieuse de spoliation des épargnants.
    D’abord on critique la thésaurisation puis on fait du“bail in “ lors de la recapitalisation du secteur bancaire. C’est a dire que l’on saisit une partie des depots considérés comme improductifs.
    On fait la même chose avec les comptes en euros pour recapitaliser les assureurs que l’on a forces a financer les pertes d’exploitation.

  4. Très bonne analyse de la situation. En effet le gouvernement de vrais mettre en place une stratégie plus responsable en imposant aux banques de dissocier l’affectation des capitaux en deux placements: partie pour entreprises partie commerciale.

  5. Bonjour a tous et merci pour cette analyse en ces temps d’incertitude. Je suis un épargnant par nature et au fil du temps je me rend compte qu’il est de plus en plus difficile de la faire fructifier sereinement. Je revient à une gestion active et hebdomadaire pour pouvoir suivre mes investissements en titre coté avec une vision long terme.

    J’avais conservé une grosse poche de liquidité fin 2019 devant un marché surcoté mais cette crise demande du temps et de la visibilité sur des reprises par secteur qui me semble seront très complexes. Une bonne journée à tous.

    1. Un mot sur un sujet que nous partageons totalement : il est de plus en plus difficile de le faire fructifier. A notre sens, il s’agit d’un effet induit de la répression financière et d’un environnement profondément déflationniste. La répression financière pousse les taux vers le taux, ce qui pénalise Livret A et autre fonds en euros de l’assurance-vie. Mais au delà d’éponger les dettes, ce qu’elle ne fait d’ailleurs pas, la répression financière a aussi pour effet de maintenir une activité économique à un niveau artificiel grâce à la politique d’argent pas cher. Aussi, dans nos estimations de performances moyennes, nous avons il y a quelques années revu l’historique 7 % par an à seulement 5 %. Tous les placements ont donc vocation à rapporter moins. Face à cette situation, vous faites le choix d’accroître votre interventionnisme et sa fréquence. Convaincus que tous les épargnants n’ont pas le temps, ni l’envie d’agir de la sorte, nous privilégions plutôt une stratégie visant à limiter les coûts, directs ou indirects (par exemple dans le choix des enveloppes) et les interventions.

  6. Trés bonne analyse de la conjoncture économique du pays, j’aime très bien les commentaires de Mr J.F FILLIATRE

  7. Bonjour M. FILLIATRE,

    Merci pour vos analyses sans détour. Je vous suis depuis bientôt 20 ans, époque ou vous étiez rédacteur en chef de MV. Déjà à cette époque vous vous exprimiez avec éloquence et peu importe si ça pouvait choquer certains ! Comme par exemple en 2003 lors des finances d’une famille ou vous aviez titré l’article me concernant « Rentier et non imposable » qui avait fait couler beaucoup d’encre. Normal nous sonnes en France ! depuis je l’ai quitté pour le Portugal comme beaucoup.

    Ne changez rien et continuez,
    Bien Cordialement,
    JMM

    1. Bonjour le serial client des Finances d’une famille de Mieux Vivre Votre Argent !
      Je garde en effet souvenir de ma visite à Poitiers et de nos échanges sur la gestion patrimoniale.
      Bien cordialement,
      JFF

  8. Le ministre n’ a pas besoin de patrimoine car il est assuré d’avoir de confortables revenus toute sa vie.
    Le français moyen lui a besoin d’un patrimoine pour faire face aux aléas de la vie.Il a demandé aux français
    d’investir dans les entreprises et maintenant il supprime les dividendes qui sont le salaire de l’actionnaire et dont le montant n’ a rien de scandaleux et vient compenser aussi la volatilité du capital investis.

  9. Bonjour M. Filliatre.

    A la lecture de votre Lettre, mon impression confuse est que la France –et l’Europe pour ne parler que de ce qui m’est proche- vont vers un horizon économique « à la japonaise », c’est à dire une croissance très faible voire nulle, un endettement public hors de contrôle résultant de budgets successifs invariablement en déficit et des taux d’intérêts durablement bas rendant l’endettement précité supportable et les rendements de l’épargne institutionnelle (Livrets divers, fonds euros, …) symboliques.
    J’entends évoquer ça et là la notion d’endettement perpétuel…

    Dans ces conditions, « Que faire ?» pour paraphraser le défunt Vladimir Illitch.
    En tant qu’épargnant mature (= retraité), et tenant à rester en France (pas envie d’aller m’ennuyer -un autre verbe me vient à l’esprit- au Portugal où la pression fiscale me rattrapera un jour ou l’autre), il ne reste à mon avis comme option que l’investissement long terme en actions diversifiées au niveau mondial.
    Et surtout pas dans des actions de sociétés où les Etats seraient partie prenante (en tant qu’actionnaires soit en tant que clients principaux).
    En attendant une spoliation étatique (France, Europe, …) qui ne saurait tarder à moyen terme et qui mettra sous la toise toutes les formes d’épargne (sauf peut-être le Livret A mais j’ai des doutes).

    Voilà.
    Il y a du risque, mais c’est quand même un peu plus ludique que d’attendre chaque année le taux de rendement du fonds euro et puis, à long terme, comme disait John Maynard…

    1. Gardez quand même un peu le moral. Vous faites bien d’évoquer le côté ludique, même s’il faut parfois s’en méfier ! Il est bon aussi d’avoir une épargne incarnée…

    2. Pour M François : Très juste , je pertage votre analyse .
      Et merci à Monsieur Filliatre , dont j’écoute les points de vues depuis plus de 10 ans

  10. Bonjour Monsieur Filiatre, c’est toujours un plaisir de vous lire et de vous entendre. Votre conclusion m’intrigue un peu… Attendre et voir relève plus de la tactique que de la stratégie, et votre méthode préconise de ne pas trop se risquer au market timing. J’espère que vous nous livrerez vos réflexions sur le changement d’approche que vous entrevoyez avant que le futur économique se dessine car cela pourrait prendre quelques années ! J’ai hâte de lire la suite…
    Bien cordialement,
    MD

    1. Votre commentaire m’amène effectivement à faire une précision sur le « attendre et voir », la tactique et la stratégie et le market-timing. Vous avez raison de préciser de que nous ne sommes pas favorables au market-timing. Pour nous, la prise de risque est déterminée par son profil et réajustée de temps en temps, par exemple sur une base annuelle si la structure du patrimoine diverge fortement de l’équilibre type. Au début de l’année, après la forte hausse de l’an passé, certains ont ainsi pu lever le pied sur les actions. Si tel est le cas, nous traitons aujourd’hui seulement les flux d’épargne de quelques mois. Ces sommes sont relativement peu importantes par rapport au patrimoine constitué. Et notre attentisme vise à évaluer les potentiels changements structurels générés par cette crise. Ce n’est donc pas du market-timing…

  11. Je partage votre coup de gueule.
    J’ ajoute la mauvaise réputation qui est collée aux actionnaires assimilés aux infâmes capitalistes et sont pointés du doigt en permanence par la doxa politique.
    Si le montant du livret A était converti en actions, nos banquiers, assureurs, technocrates de Bercy ne pourraient plus « jouer » avec notre épargne pour bricoler des politiques économiques à courte vue!

  12. Merci pour cette lettre.
    Monsieur le Ministre conspue l’épargne sur le Livret A après avoir soutenu les assureurs à contraindre les souscripteurs aux UC. Une grande partie des économies des assurés vient donc de partir en fumée.
    Pas un mot pour cet argent là, Monsieur Le Maire!
    Comment peut-on justifier qu’il soit légitime qu’un quidam ordinaire assume le risque d’un placement sur les marchés financier à la place d’une gigantesque société qui est censée posséder tout le savoir-faire pour protéger son capital?

  13. Bonjour Monsieur Filliatre,
    Je rebondis sur votre constat que les particuliers possède plus d’actions que les assureurs. Pourquoi les sicav ou scpi détenues par un particulier dans le cadre de l’assurance ne sont elles pas la propriété de l’assuré comme dans un Pea? Les choses seraient plus claires, l’assuré supporterait le risque mais serait aussi propriétaire des titres.
    Cordialement.

    1. Pourquoi ? Simplement en raison de la nature juridique de l’assurance. Qui dit assurance dit aléa ! Là, vous évoquez simplement une enveloppe fiscale. Avouons-le, la chose est souvent présentée ainsi par les assureurs et les distributeurs. Mais tel n’est pas le cas, même si diverses lois permettent de plus en plus le paiement en titres au décès.
      Comme l’assurance vie est bel et bien une assurance, le souscripteur porte un risque sur l’assureur. Celui de le voir faire faillite. Avec les unités de compte, il porte un risque supplémentaire car le montant de son assurance est indexée sur la valeur des supports choisis. De manière assez étonnante, cet accroissement des risques pris est accepté avec un surcroît de coût. Car « détenir » des SCPI ou des SICAV coûte plus cher dans une assurance vie que sur un compte-titre. Ce surcoût est accepté d’une part par méconnaissance, d’autre part, par attrait pour la fiscalité. Traduction pratique : quand les assureurs montent au créneau contre les évolutions fiscales, ils pensent plus au maintien de leur « business model » qu’à la défense des épargnants…

  14. Bonjour,
    merci pour ce superbe article si réaliste !

    En ce qui concerne nos hommes politiques et leurs déclarations de patrimoines, trois explications me viennent à l’esprit:

    1- ils mentent ouvertement (à la Cahuzac) en sous-estimant systématiquement la valeur de leurs biens et en omettant sciemment certains comptes, assurances vies, PEA, comptes titres, ce qui donne une vision parcellaire (comptes en suisse, au Luxembourg…non déclarés).

    2- ils sont aussi incompétents pour la gestion de notre pays que pour la gestion de leur patrimoine, d’où un un manque criant de diversification sur d’autres actifs telles les valeurs mobilières, l’or…

    3- ils connaissent bien le système de l’intérieur et savent que l’épargne financière des français est à risque de spoliation à tout moment par des Etat, des banques ou des assureurs en faillite.

    chacun se fera sa propre idée…

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