Le CAC 40 à 4832 points… dans un an

En novembre 2015, il avait prédit un CAC 40 à 4536 points un an plus tard. Bien vu ! Rencontre avec Eric Galiègue, analyste indépendant, fondateur de Valquant.

 

L’année 2017 sera-t-elle dans la ligne de 2016 ?

Eric Galiègue : Non, les problématiques ont évolué. En 2016, on s’interrogeait sur la capacité de la Banque centrale américaine à remonter ses taux sans casser la croissance économique. En corrolaire, se posait la question de la fin de l’hyper-liquidité liée aux politiques monétaires très accommodantes. Autres sujets phares : le ralentissement chinois et la faiblesse du prix des matières premières.  Sans oublier les interrogations sur l’accélération de la croissance en Europe.

En 2017, au niveau macro-économique, il faut principalement s’interroger sur la capacité des politiques budgétaires à prendre le relai de la politique monétaire pour stimuler la croissance. Au niveau micro, sur la capacité des entreprises à accroître leurs marges et leurs bénéfices. Et au niveau politique, l’inquiétude porte sur une potentielle crise en Europe.

 

Comment établissez-vous vos prévisions sur le CAC 40 ?

Eric Galiègue : En matière financière, nous n’avons pas de certitude. Aussi, j’établis différents scénarii et calcule pour chacun d’eux un objectif de cours pour le CAC 40. Puis j’évalue la probabilité de chacun des scénarii pour établir l’objectif du CAC 40….

 

Vos scénarii ont-ils changé entre 2016 et 2017 ?

Eric Galiègue : Tout à fait. Mon approche en 2016 était duale : c’était tout ou rien. Pour schématiser, le « tout », c’était le succès des politiques monétaires sur l’activité économique et la valorisation des actifs. Le « rien », c’était au contraire leur échec. C’était mon scénario privilégié avec 78 % de probabilité en novembre dernier.

Pour 2017, mon approche repose sur trois possibilités. Un, le retour de la croissance avec le triomphe des politiques publiques. Deux, la poursuite de la liquidité avec les banques centrales toujours à l’œuvre. Trois, l’inévitable récession.

 

A quel niveau irait la Bourse dans chacun des scenarii envisagés ?

Eric Galiègue : Le retour de la croissance est naturellement le plus favorable. Si l’économie repart, portée par les plans de relance, l’inflation reviendra légèrement – même si malheureusement ce n’est pas de la bonne inflation – et on aura le sentiment que tout est revenu comme avant. Potentiel pour le CAC 40 : + 18 %. Le scénario liquidité, est lui, moins favorable même si les marchés restent inondés d’argent frais par les banques centrales. A la clef, une hausse de 3 % pour l’indice boursier national. Enfin, cela ne surprendra personne : le scénario récessif est le plus défavorable avec une baisse potentielle de 24 % de notre indice national.

 

De vos trois scenarii, quel est le plus probable ?

Eric Galiègue : La probabilité de voir les Banques centrales au coeur de toutes les problématiques reste majeur. Je lui affecte une probabilité de 51 %, en légère hausse depuis novembre. Les deux autres sont proches avec 25 % pour la croissance, en recul de 2 points par rapport au mois dernier, et la récession à 24 %, en hausse de deux points. Les dernières nouvelles du mois ne sont pas très bonnes, en particulier au niveau politique* . Je juge les déclarations de Theresa May sur le Brexit et les tweets de Donal Trump comme négatifs. Même si, pour l’heure, le marché semble se moquer des dérapages du nouveau président américain…

 

Vu vos scénarii envisagés et leur probabilité de réalisation, à quel niveau voyez-vous le CAC dans un an ?

Eric Galiègue : 4832 points

 

Propos recueillis le 7 février 2017 par Jean-François Filliatre

Les conseils de Marchés Gagnants :

·         Aller en Bourse avec des certitudes est la meilleure façon de se planter ! D’où l’intérêt de l’approche d’Eric Galiègue avec ses différents scenarii. Sur la même logique, la méthode de Marchés Gagnants recommande d’investir sur 8 secteurs économiques à minima, afin de ne pas investir que sur une seule logique. Diversifier, c’est reconnaître que l’on puisse avoir tort…

 

·         Le faible potentiel sur l’indice phare de la bourse de Paris, nous amène à privilégier la sélection de valeurs, au passage plus intéressante, à la gestion indicielle sur le marché domestique. Sauf à disposer de moins de 10 000 euros en actions.

 

 

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